31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 08:24
   À la fin d'un concert au Japon, en février 1974.

L'enthousiasme pour la personnalité et les chansons de Dalida a été immédiat. À la fin des années 1950, alors que le souffle de liberté qui va marquer le temps des yé-yé n'est pas encore d'actualité, elle commence à toucher un public, particulièrement jeune et féminin, qui décide d'en faire son modèle. Les adolescentes commencent à s'habiller, se coiffer, se maquiller comme elle. Les jeunes filles en fleur, soucieuses de lui ressembler, abusent du Rimmel sur les yeux. Les plus acharnées adhèrent à un fan-club qui, dans l'histoire de la chanson, devient le premier consacré à une femme.

Les hommes l'aiment également, et ils ne s'en cachent pas. Dalida en prend conscience dès 1958, lorsqu'elle se rend à Alger pour chanter devant des soldats français mobilisés pour une guerre dont personne, pour l'instant, n'entrevoit la fin. Ce jour-là, elle devient la marraine du 18e régiment de parachutistes. Elle découvre alors que trois photos sont accrochées aux placards des chambrées : celles du général de Gaulle, de Brigitte Bardot,... et la sienne.


Cette admiration, pleine d'affection, devient encore plus forte en 1967, au lendemain de sa première tentative de suicide. À la sortie de l'hôpital et de quelques jours de convalescence aussi discrète qu'indispensable, elle découvre, rue d'Orchampt, un livre tiré à un seul exemplaire, composé de quatre cent lettres de fans choisies parmi les cinq mille adressées au quotidien France-Soir. Elles sont rédigées et signées par des lycéens, des fonctionnaires, des ouvriers, des enseignants, des secrétaires, des cadres supérieurs... Certains de ces correspondants ont même glissé dans l'enveloppe un billet de cinquante francs - une somme d'argent importante pour l'époque - en demandant à la secrétaire de Dalida de lui acheter des fleurs, de leur part.


Jusqu'en 1987, le fan-club de Dalida va suivre quasiment à la trace la chanteuse au quotidien. À travers un bulletin donnant régulièrement de ses nouvelles, ils ne vont jamais manquer d'être les premiers à se précipiter pour acheter un nouveau disque ou louer les places pour son prochain récital à Paris, ou dans n'importe quelle ville en France et dans le monde.


Reconnaissables à une carte de membre qu'ils conservent en permanence sur leur cœur, ces admirateurs de toujours ne vont jamais hésiter à faire coïncider leurs dates de vacances avec celles des tournées de leur artiste préférée.


Ils ne manquent jamais de lui adresser une lettre affectueuse lors d'un anniversaire, ou à l'occasion de la nouvelle année. Une réponse vient systématiquement en retour. Le plus souvent, il s'agit d'une photo dédicacée qu'elle a personnellement signée parmi des milliers d'autres, entre deux récitals. Certaines missives sont par ailleurs davantage personnalisées. Dalida a demandé à Rosy, sa cousine et à son frère Orlando qu'on lui transmette les mots où l'on se confie sincèrement à elle. Elle sait que pour certains, elle est la grande sœur, voire la maman qu'ils n'ont peut-être pas eue, la seule qui peut les comprendre. Elle sait aussi, mieux que personne, la dimension que peut prendre la souffrance qui vous touche au plus profond de vous-même et que celles et ceux qui ne l'ont pas vécue ne peuvent pas en mesurer la dimension.


Aujourd'hui, elle n'est plus là pour trouver et transmettre les mots qu'il faut à celles et ceux qui continuent à écouter ses chansons, quasiment en boucle. Alors c'est dans celles-ci que les fans de Dalida trouvent du réconfort ; ces fans qui demeurent plus nombreux que jamais dans les familles où l'on se transmet, en héritage, histoire de cultiver son souvenir, des 45 et 33 Tours dont les pochettes originales valent parfois aujourd'hui plusieurs centaines d'euros pièce. On entend aussi les chansons de Dalida dans les discothèques, mais également sur les stades où, à la fin d'un match de rugby ou de football, elles sont reprises en chœur, depuis les tribunes. Des refrains devenus presque aussi célèbres et incontournables que notre hymne national.

Source : "Dalida, Une Vie", de Jacques Pessis aux éditions Chronique

   Devant sa maison à Montmartre, Dalida n'hésitait pas à signer des autographes avec le sourire...

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Publié par Dalida Forever - dans Histoire et anecdotes
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Chico 08/06/2011 02:06



Merci beaucoup pour ce post!



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