21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:19
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En ces moments de grand mécontentement dans notre pays qu'est la France, le système capitaliste est beaucoup remis en question, notamment par les socialistes et l'extrême gauche. Dalida, elle, a souvent tourné ce système en dérision dans certaines de ses chansons, plus ou moins engagées, mettant ainsi son ironie en relief, tout en restant le plus naturel possible...

Notons que le rapport de Dalida face aux Etats-Unis, nation du capitalisme, évolue peu à peu dès le début des années 1970. On a déjà vu ce que représentait dans l'imaginaire de la jeune Yolanda l'Amérique: les films américains de sa jeunesse dans un cinéma du Caire, son premier rôle dans Un verre, une cigarette

Dalida préfère la chanson française à texte, et la "canzonetta" italienne (pourtant passée de mode depuis belle lurette). Cette évolution, artistique, identitaire, va beaucoup plus loin : la pensée de Dalida se structure aussi au niveau de la politique, de la philosophie...


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Elle rencontre au début des années 70 le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Mitterrand et déclare dans une interview : " Je ne suis pas communiste mais je suis socialiste. "
En critiquant l'Amérique (" Une riche Américaine... ", Gigi l'amoroso, 1974), Dalida est, à travers quelques chansons, dans une dénonciation réelle du capitalisme effréné, ou du moins de la société de consommation et de la " bonne " pensée bourgeoise :
(Sigarah wa kas, 1954) pour un cinéma égyptien en concurrence directe avec le cinéma hollywoodien... Dans les quatre années d'hiver qui suivent son retour à la vie, la Dalida " désarticulée " se reconstruit, cette reconstruction passant évidemment par une quête identitaire. C'est, avec sa passion pour la psychanalyse, la bataille entre l'inconscient et le conscient dalidéens. Dalida chasse le superficiel, elle veut du vrai. Pas question de faire l'Américaine pour faire l'Américaine.


JESUS KITSCH (1972)


" Jésus Kitsch, Jésus Kitsch, oh Jésus !
Tout est consommé
Jésus barbe et cheveux longs
Jésus lumière au néon
Il est né le dernier enfant de la consommation

Juda t'avait vendu pour trente pièces d'or
Te voilà revendu dans tous bons drugstores
Ta pub est au grand jour sur les murs de nos villes
Tu auras le Goncourt pour tes quatre évangiles "


NON CE N'EST PAS POUR MOI (1973)


" Les five clock, les soirées chocs
La musique pop et les sex shop
Non, ce n'est pas pour moi !

Les happenings et les meetings
Où l'on finit dans un sleeping
Non, ce n'est pas pour moi ! "


GIGI L'AMOROSO (1974)


" Tu pleures Gigi ?
Ça n'a pas été là-bas, hein ?
Et alors, et alors, qu'est-ce qu'ils comprennent
Ces Américains à part le rock et le twist, hein ?

Ma Gigi, qu'est-ce que tu croyais, devenir comme ça Gigi l'Americano !
E invece no, tu sei Giuseppe Frabrizio Luca Santini
Et tu es Napolitain ! "


Dalida triomphe sur la scène du Carnegie Hall de New York le 29 Février 1978, et refuse de nouveau un contrat qualifié "du siècle" avec les Etats-Unis, qu'elle avait déjà refusé en 1959. Un geste qui démontre bien un certain rejet des idées politiques américaines : " le profit avant tout ". Elle ne voulait pas qu'on lui dicte son apparence, elle ne souhaitait pas devenir une de ces pseudo-stars américaines, comme on en voit aujourd'hui...


En Mai 1981, le jour de l'élection du nouveau président François Mitterrand, Dalida marche vers le Panthéon : elle est la plus socialiste des stars américaines ! Elle prouve qu'elle reste fidèle à ses valeurs et à ses idées.


Quand Dalida chante "Money, Money" en 1980, ne tourne-t-elle pas le capitalime en dérision ?


" People will lie they will cheat
People dont care who they rob or beat
A woman will sell her precious body
That small piece of paper
Sure carries a lot of weight
For that mean, oh mean, mean greed
Yeaaaah ! "

 

Traduction :

 

"Il faut toujours que les gens mentent, que les gens trichent

Les gens se fichent de qui ils volent, qui ils battent

Les femmes vendent leurs corps précieux

Et ce petit morceau de papier (i.e. le billet)

A sans doute beaucoup d'importance

Puisque c'est, oui c'est de l'avidité."


C'est la même critique dans la chanson "Problemorama" de 1979 : "L'argent, l'argent, ça rend souvent méchant, ça les rend fous les gens, les gens..."

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 14:35
   Dalida et Johnny Hallyday se lieront au début de leur carrière d'une amitié sincère et durable. Rappelons-le, Johnny choisira un titre de Dalida pour commencer sa carrière, « T'aimer follement », malgré la désapprobation de Lucien Morisse. Dalida ne le percevra pas de la même façon ; en effet, elle va aider son ami Johnny, et le propulser sur la scène avec « T'aimer follement ». Johnny Hallyday doit donc une grande partie de son succès actuel à Dalida.
   En 1962, c'est ensemble qu'ils donneront aux Français une leçon de twist avec leur chanson yéyé « La Leçon de Twist ».
  En 1964, Johnny Hallyday alors militaire en permission pour le week-end, vient soutenir son amie à l'Olympia.
   En 1969, il propose à Dalida d'être l'invitée de son « Show Smet » et d'interpréter ensemble un duo assez peu commun, « Rock and roll tango ». Pendant les années qui suivront, Johnny restera toujours très près de Dalida, ils partageront de nombreux galas et de nombreux dîners entre amis.
  À sa disparition, Johnny Hallyday évoquera son amie à la télévision et viendra lui rendre hommage en 1995 dans une célèbre discothèque parisienne lors d'une soirée Dalida. Voilà ce qu'il dira d'elle : « C'était une très belle femme, toujours d'actualité, elle n'a jamais été démodée, je l'admirais beaucoup... »



DALIDA ET JOHNNY CHANTENT "ROCK AND ROLL TANGO" EN 1969 :


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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 18:58
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...Car Michaële, Paule et Lana ont alors rendez vous avec LA chanson de leur vie, un peu comme d'autres rencontrent l'homme ou la femme idéale (il en est parfois des œuvres comme des êtres), cette fameuse chanson parfaite dont rêvent tous les auteurs et que quelques uns atteignent un jour sans le faire exprès: celle qui va passer le temps et les frontières, les réunir ad lib dans le succès, celle dont le titre, et en l'occurrence le prénom, leur collera à la peau aussi sûrement que celui d'un enfant: Gigi (prénom porte-bonheur pour les femmes puisqu'il inspira aussi Colette). Le dénominateur commun en sera bien sûr Dali, désormais familiarisée avec le style et la sensibilité des trois compères, puisqu'entre-temps, elle a également commencé à chanter Paul et Lana Sébastian: "Non ce n'est pas pour moi", "Et puis c'est toi". Mais rien à voir avec le succès qui se prépare et deviendra l'autre phare de la carrière de l'artiste, 15 ans après "Bambino" (toujours l'Italie!). Car l'histoire de cette chanson est en soi un petit roman, avec son suspense, ses rebondissements, et sa chute. Flash-back collectif sur un standard dont Dalida disait: "C'est la chanson la plus longue de mon tour de chant, et peut-être du music-hall. Elle m'offre la possibilité de chanter, bien sûr, mais aussi de jouer la comédie et de danser, car elle est conçue comme une petite pièce de théâtre. Si l'histoire, qui raconte la vie d'un village, s'était passée dans le midi de la France, Pagnol aurait pu l'écrire, mais étant donné qu'elle se situe dans le sud de l'Italie, on pourrait imaginer un film de Vittorio de Sica." (L'Aurore, 12/ 1/ 74).


"Dalida, raconte Lana Sébastian, quittait toujours la scène avec "Ciao Amore", une chanson de Luigi Tenco (disparu tragiquement à San Remo en 1967 ndlr), et avait décidé de changer de sortie... Alors, Michaële a eu l'idée de Gigi, et pendant un an, elles en ont discuté entre elles, réfléchi autour de ce personnage, qui il était etc, sous la houlette d'Orlando...". Pas évident en effet de construire une chanson de "sortie" pour l'artiste ("Les chansons d'entrée, se souvient par ailleurs la parolière Arlette Tabart, c'était pire, elle les faisait faire, mais ne les prenait jamais, alors plus personne ne voulait en écrire"), mais la fidèle Michaële a en effet une idée, ou plutôt un personnage en tête depuis un moment.


"En 1973, en vacances, en voiture, j'ai commencé à penser à l'histoire d'un petit chanteur italien qui était le roi de son village, qui partait pour les Etats-Unis par amour pour une femme, y faisait un fiasco complet et revenait chez lui. Alors Dalida lui disait: "Mais qu'est-ce que tu croyais devenir là-bas ? C'est ici qu'on t'aime, chez toi...". C'était tout ce que j'avais. Le soir de l'enregistrement d'Alain Delon pour "Paroles paroles", je raconte mon idée à Dali qui ne réagit pas: c'était quelqu'un qui ne voulait plus parler métier quand le travail était terminé. Je suis souvent partie avec elle en vacances, et lorsque je lui disais: "Dali, j'ai une idée!". Elle me répondait: "Tu me la diras à Paris! Les vacances c'est les vacances!". Ou encore: "Ne parle pas à table de chansons qu'on va faire! On prendra rendez-vous pour en discuter!". Tandis que nous quatre, Lana, Paul, Stéphanie Sand et moi, nous en parlions matin, midi et soir! Je raconte néanmoins à Dali que j'avais la fin de la chanson, quand Gigi (qui ne s'appelait pas encore comme ça) revient chez lui, retrouve ses amis, que l'un se met au piano, l'autre à la guitare etc. Là, elle réagit et dit "ça, ça me plaît!", appelle son frère, Bruno (Orlando), lui raconte le sujet, le retour de Gigi etc. Je me suis dit qu'il n'avait pas l'air d'accrocher beaucoup, et qu'on verrait bien. Le temps passe, nous faisons "Les Gondoles à Venise", Orlando m'en voulait un peu parce que j'avais d'autres succès avec d'autres artistes que Dalida, notamment le duo Sheila-Ringo, qu'il opposait à Dalida et Delon, qui ont quand même été numéros Uns en France, au Japon, en Italie etc. Et moi, je ne parle plus de Gigi...".


Exit "Gigi" ? Non, mais les exemples ne manquent pas de chansons qui attendent leur heure, a fortiori lorsqu'elles s'annoncent hors normes... Et de toute évidence, Michaële, qui a sa petite comédie italienne en tête, moitié Monicelli, moitié De Sica, ne veut pas rater le film.


"En fait, poursuit-elle, Gigi, s'appelait au départ Gino: chez moi, les chagrins d'amour donnent parfois des chansons (rire)! J'étais à Saint-Cloud, j'avais le cafard, je n'écrivais pas une ligne, lorsqu'un soir, j'entends sur RTL Monique Lemarcis qui parlait de Paule, Lana et moi! ça m'a donné des ailes! Le lendemain, j'attaque mon sujet, mais ça n'était pas convaincant. Alors je repars en vacances en Tunisie, où je rencontre un garçon qui s'appelait Giuseppe, mais que tout le monde surnommait Gigi. Je tenais mon titre! J'appelle Stéphanie qui me met en garde: tout le monde va confondre avec la "Gigi" de Colette, me dit-elle. Le lendemain, je vais voir "Divorce à l'italienne" où Monica Vitti appelle Mastroianni "Mamoroso". Et, presque coup sur coup, mon chagrin d'amour, qui avait dû voir le même film, me passe un coup de fil: "Mamoroso, tu m'en veux beaucoup ?". Le mot m'a plu. Entre-temps, l'Olympia approchait, Orlando m'appelait tous les matins, et nous n'avions pas la chanson. ça ne venait pas, et j'hésitais encore entre Gigi l'Americano et Gigi l'amoroso. Alors j'ai apporté à Lana un début, avec des couplets de douze pieds! Mais c'était trop long, et elle a décidé de composer sans texte, en s'inspirant de disques italiens...".


De son côté, en effet, Lana s'inquiète, ne voyant rien venir, et se met à composer avec Paul: "Il y a eu un an de discussions au niveau du texte, et presque plus de temps pour la musique. L'Olympia approchait. Et un jour, nous avons fait la musique, après avoir écouté beaucoup d'airs du folklore napolitain (on était loin de l'Arménie!). La chanson est donc née sans les paroles, sur un faux texte que j'avais mis. Et Michaële, qui avait tout dans sa tête, a enfin écrit le texte sur notre mélodie, et on s'est tous mis ensemble pour le refrain. C'était donc une chanson de scène, pas classique du tout, qui rappelait à Dalida toutes ses comédiennes italiennes favorites, les Magnani etc , et qui était complètement hors des formats radio de l'époque: car cette chanson était en fait un film!".


Et Michaële de compléter cette étonnante saga: "Lana a commencé à composer, puis elle est entrée en clinique pour une petite opération. Elle m'avait fait une dizaine de refrains, mais nous avions du mal à trouver le bon, et Paul, lui, était plus "américain qu'italien dans sa tête". Côté texte, j'avais trouvé le second couplet, mais... pas le premier! Tout à coup, j'ai eu "l'idée": il fallait que Dalida parle dans cette chanson, pas seulement à la fin, mais qu'elle explique elle-même l'histoire, sinon on ne comprendrait rien! Joe Dassin avait chanté la "Marie-Jeanne", qui durait cinq minutes, alors on pouvait bien aller jusqu'à sept, puisque c'était une chanson de scène, et qu'elle n'avait a priori aucune chance de devenir un tube! Et je débute par "Je vais vous raconter...", sur la musique de Lana. Enfin, un matin, les choses se mettent en place, et je trouve le refrain, que je vais chanter à la clinique à Lana: "Arriva Gigi l'Amoroso, croqueur d'amour, l'œil de velours comme une caresse, Gigi l'Amoroso, toujours vainqueur, parfois sans cœur, mais jamais sans tendresse...". J'ai tout écrit en quinze jours. Entre-temps, Orlando, qui ne connaissait toujours pas le titre de la chanson, commence à en aimer l'idée: "Pense un peu à Gina Lollobridgida!". Quand Lana sort de la clinique, nous faisons une maquette, où elle fait la voix chantée et moi la voix parlée, sur deux magnétophones Revox: à chaque erreur, il fallait tout recommencer! On arrive tout de même à finir, et le souple arrive enfin chez Dalida, à qui j'avais déjà dévoilé l'intégralité du texte lors d'un dîner avec Richard Saint-Germain. Ils avaient adoré. Après avoir écouté le souple, elle m'a rappelé, totalement enthousiasmée, et je lui ai dit: "Dalida, je te le demande, il ne faut pas sortir "Gigi l'Amoroso" en disque. Il faut que tu la chantes à l'Olympia comme Gilbert Bécaud, et quand tu la connaîtras bien, tu en feras un enregistrement "live"! Et Dalida me répond: "Si je ne fais pas un disque, je ne peux pas la chanter sur scène! Il me faut la chanter en studio pour que les mots me rentrent dans la tête! Et après, je te promets, je ne sors pas le disque! Mais je dois le faire!". On se met donc d'accord, et nous voilà tous en train de faire les chœurs avec des choristes, toujours au Studio des Dames, pour "faire vrai". C'est Orlando qui a trouvé le rappel à la fin de la chanson, et qui a fait toutes les voix. C'était grandiose. La durée de la chanson (7'26) n'effrayait personne, puisqu'elle était prévue pour la fin de son spectacle, et qu'en plus, Dalida avait un titre "Il venait d'avoir dix-huit ans", qui marchait bien".


Fin de l'histoire, début de la gloire ? Pas tout à fait parce que, s'il ne fut pas évident d'écrire la chanson, encore fallait-il la chanter, la "créer en scène"! Et là, suspense: Dalida repousse curieusement le moment fatidique où elle abandonnera "Ciao Amore"- c'est-à-dire son passé -pour ce nouveau compagnon de route au prénom tout aussi ensoleillé, Gigi. La voilà donc en tournée pendant un mois, où elle rode le spectacle, et... pas de Gigi! Chaque soir, Nono, responsable du fan-club appelle Michaële pour lui dire: "Elle ne l'a pas chantée!". Idem pour la "couturière" à l'Olympia. Enfin vient la première: tout le monde est là, et au premier rang, Lana et Michaële, qui s'affolent un peu: chantera, chantera pas ? Elle reprend ses classiques, enchaîne avec des chansons nouvelles comme "O seigneur dieu", de Serge Lama et Alice Dona. Fera-t-elle "Gigi" ? Michaële en frémit encore: "Lana et moi, on commençait à s'affoler. Le public la rappelle, elle réapparaît sur scène, trois, quatre fois, le rideau tombe, et on se dit qu'elle ne la chantera pas ce soir non plus, lorsque soudain, on entend le piano de Guy Motta jouer l'intro de "Gigi". Le batteur enchaîne, ils jouaient très bas, n'étant pas habitués au titre, et avec Lana, qui me serrait très fort la main, on se dit: "C'est nous!". Et tout d'un coup, Dalida arrive sur scène, et elle commence: "Je vais vous raconter... etc". Elle n'a pas fait une seule erreur dans le texte, et nous avons découvert ce qu'elle avait rajouté avec Orlando, à la fin de la chanson. C'est à l'Olympia que nous avons entendu la version définitive de notre chanson! Je ne saurai jamais pourquoi elle ne l'avait pas chantée auparavant. Dalida a fait l'Olympia le 5 janvier 1974, le 17, ça passait dans les nouveautés de RTL, elle est entrée 17ème au classement. Ils ont même passé deux fois la chanson en une heure! J'entends encore Adamo dire: "C'est une commedia delle arte!". L'année d'après, on a remis à Dalida, lors d'un Musicorama spécial à l'Olympia, neuf Oscars pour la chanson qui était numéro Un dans douze pays, au Canada, en Espagne, en Suisse, aux Pays Bas etc! Il y a eu des versions dans toutes les langues, ou presque, dont bien sûr le Japon, elle l'a chantée à Carnegie Hall...".


"C'est devenu la chanson de sa deuxième partie de carrière", résume Lana, qui se souvient avec émotion de ce fameux soir à l'Olympia: le soir où Dali créa Gigi, qui l'accompagnera jusqu'à la fin et n'a pas fini de chanter pour nous ses nostalgies américaines.


Mais notre trio gagnant n'allait pas en rester à ce coup de maître, et après plusieurs autres succès en commun pour la star ("Ne lui dis pas", "Mein lieber herr", "Je suis toutes les femmes", "Chanteur des années 80", "La feria", "Gigi in paradisco", suite épique du précédent en 13 minutes!), il allait lui offrir dans ses toutes dernières années une autre (et dernière) chanson en forme de prénom, peut être la plus personnelle, féminine et profonde de sa carrière parce qu'elle abordait un sujet douloureux: "Lucas", ou l'enfant qu'on n'a pas eu. Un pur chef-d'œuvre, on serait tenté d'écrire "méconnu", qui n'a curieusement pas rencontré le grand public. Mais cela peut encore venir demain...

 

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Version française

 


Je vais vous raconter avant de vous quitter
L'histoire d'un p'tit village près de Napoli
Nous étions quatre amis au bal tous les samedis
A jouer et à chanter toute la nuit
Giorgio à la guitare Sandro à la mandoline
Moi je dansais en frappant du tambourin
Mais tous ceux qui venaient c'était pour écouter
Celui qui faisait battre tous les cœurs
Et quand il arrivait la foule s'écriait

Arriva, Gigi l'Amoroso
Croqueur d'amour, l'œil de velours, comme une caresse
Gigi l'Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur
Mais jamais sans tendresse
Partout c'était la fête quand il chantait
Zaza, luna caprese, o sole mio
Gigi Giuseppe


"Mais tout le monde l'appelait Gigi l'Amour
Et les femmes étaient folles de lui, toutes
La femme du boulanger, qui fermait sa boutique tous les mardis pour aller...
La femme du notaire qui était une sainte
et qui n'avait jamais trompé son mari auparavant
Et la veuve du colonel,
La veuve du colonel qui ne porta plus le deuil parce qu'il n'aimait pas le noir
Toutes, je vous dis même moi, mais moi,
Gigi aimait trop sa liberté, jusqu'au jour où...
"


Une riche américaine à grands coups de je t'aime
Lui proposa d'aller jusqu'à Hollywood
Tu seras le plus beau de tous les Caruzos
Lui disait-elle jusqu'à en perdre haleine
Nous voilà à la gare avec tous nos mouchoirs
Le cœur serré, émus par ce grand départ
Pourtant on était fier qu'il dépasse nos frontières
Gigi partait conquérir l'Amérique
Et quand il arriva le village était là

Arriva, Gigi l'Amoroso
Croqueur d'amour, l'œil de velours comme une caresse
Gigi l'Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur mais jamais sans tendresse
Et là, devant la foule, il a chanté
Zaza, luna caprese, Ô sole mio

Gigi...


"quand le train est disparu,
nous sommes tous rentrés chez nous
Et le lendemain, le village n'était plus le même
La femme du boulanger refusa d'allumer son four
La femme du notaire, par désespoir pris plusieurs amants
Et la femme du colonel ferma ses persiennes
Et reprit le deuil pour la seconde fois
Oui, le village avait bien changé
Et moi..."


Les années ont passé cinq hivers, cinq étés
No news, c'était good news on nous avait dit
Il a fallut du temps, du courage et du temps
Pour arriver à continuer sans lui
Et malgré son absence la nuit dans le silence
En pliant nos costumes et nos instruments
On entendait venir comme une larme un soupir
Du fond de la salle cette mélodie
...Croqueur d'amour...l'œil de velours comme une caresse
Gigi...


"Gigi !... c'est toi là-bas dans le noir ?
Attends ! laisse-moi te regarder
Mais tu pleures, tu pleures Gigi
Ca n'a pas été là-bas, hein !?
Et alors...Et alors, qu'est ce qu'ils comprennent
ces Américains à part le rock et le twist, hein
Ma Gigi, qu'est-ce que tu croyais, devenir comme ça Gigi l'Americano
E invece no, tu sei Giuseppe Frabrizio Luca Santini et tu es Nappolitain
Ecoute, Giorgio s'est mis à la guitare
Attends, Sandro est là aussi
Mais... mais tu peux pas t'en aller comme ça
Ici tu es chez toi... Ici tu es le roi.
Tu entends, tu les entends Gigi
Ils sont tous là, ils ont dû te reconnaître à la gare
Chante Gigi, chante, c'est ton public
Chante pour eux, chante pour moi qui n'ai jamais su te parler
Oui, vas-y, bravo Gigi, chante !"


Arriva, Gigi l'Amoroso

Carmella, Carmella Carmella lo sai che é arrivato Gigi
Cesarina, Cesarina scendi è arrivato Gigi da Hollywood !
Ma se te lo dico io che é arrivato scendi no
Guaglione, guaglione guaglione corri va a dire a zio Gennaro
Che é arrivato lo zio Gigi dall'America

Arriva, Gigi l'Amoroso
Croqueur d'amour, l'œil de velours, comme une caresse
Gigi l'Amoroso...


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LES VERSIONS INTERNATIONALES

( Italien, Espagnol, Allemand, Anglais, Japonais )

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 17:25
3003177915d6a95fc9f5ory1.jpgEn août 1966, Dalida rencontre un jeune auteur compositeur et interprète du nom de Luigi Tenco. Né en 1938, ce jeune Jim Morisson italien choque l'Italie avec ses chansons sombres et rebelles qui vont à l'encontre d'une société conservatrice, dont plusieurs doivent être censurées à la radio. Dalida et Luigi se plaisent mutuellement et tombent en amour, malgré leur style de vie bien différent. Un mariage était même annoncé pour avril 1967 mais leur relation est secrète et rien ne se saura.

Voilà qu'arrive le festival de San Remo 1967. En octobre 1966, Dalida accepte d'appuyer Luigi Tenco et une de ses chansons qu'elle admire, Ciao amore, ciao lors de ce festival. En janvier 1967, ils la chanteront tous les deux (lui en italien et elle en français) l'un après l'autre. Le single sort juste avant l'événement, en début d'année, en quelques langues (français, italien, allemand) et est un succès un peu partout dans le monde dans les Top 10 comme en France, au Canada ou en Italie (#5 des charts).

 

Malheureusement, Luigi n'est pas très apprécié du publique et, même si Dalida a une ovation après sa prestation, la chanson ne sera pas choisie par les juges du concours de San Remo. Le jeune chanteur, totalement déçu et révolté contre la classe bourgeoise qui ose le juger, se tire une balle dans la tête, c'est Dalida qui le trouve. On découvre alors la liaison qui unissait fortement les deux chanteurs.

Quelques semaines plus tard, malgré que tout semble s'être classé, Dalida tente à son tour de se suicider dans un hôtel, pour retrouver son amour, mais on la sauvera et elle restera quelques jours dans le coma. À son retour, elle reçoit des milliers de lettres d'admirateurs à travers le monde qui lui dévouent un amour inqualifiable, mais en elle commencent les « années d'hiver » où elle remettra un peu tout en question, même sa carrière, jusqu'au début des années 70. Ciao amore, ciao deviendra une chanson culte en Italie, où le couple Dalida/Tenco se fera attribuer le nom de Roméo + Juliette.

Petite anecdote : quelques mois après la mort de Luigi, Dalida tombera amoureuse d'un jeune étudiant italien du nom de Lucio. Ce dernier, un artiste de vingt-deux ans, admirait les œuvres de Tenco et c'est ce qui rapprochera les deux amants, même si la famille de la chanteuse semble inquiète de les voir ensemble. Elle tombera enceinte du jeune homme, mais celui-ci ne le saura jamais : Dalida lui paye les cours dont il avait besoin et l'étudiant part, même s'il ne voulait pas la laisser, il fait ce qu'elle demande. La chanteuse ne lui dira jamais pour le bébé et se fera avorter. Elle regrettera plus tard ce geste, et l'avortement aura été si mal fait (l'avortement était encore une technique très mal maîtrisée) qu'elle ne pourra plus jamais avoir d'enfant, ce qu'elle regrettera toute sa vie. On dit qu'ils ne se reverront plus jamais, à part quelques lettres dans les mois suivants. Peu de temps après la mort de Dalida vingt ans plus tard, sa famille recevra les sympathies d'un certain Lucio...

 

VERSION FRANCAISE :

 

Nous sommes deux ombres
Et deux solitudes
Un grand amour sombre
Dans les habitudes
Et l'on ose à peine
Rompre le silence
Mieux vaudrait la haine
Que l'indifférence
Mais je veux vivre vivre
Je veux qu'on m'aime
Ciao amore, ciao amore, ciao amore, ciao
Ciao amore, ciao amore, ciao amore, ciao
Nous vivons dans du rose
Dans du gris monotone
J'ai besoin d'autre chose
Que d'un chat qui ronronne
Je veux voir le monde
Qu'il soit gai ou triste
Qu'il chante ou qu'il gronde
Pourvu qu'il existe
Je veux voir des villes
Qu'elles soient blanches ou rouges
Et des yeux qui brillent
Et des gens qui bougent
Moi je veux vivre vivre comme ceux qui s'aiment
Ciao amore, ciao amore, ciao amore, ciao
Ciao amore, ciao amore, ciao amore, ciao
Je te laisse tes livres
La cloche de l'église
La tiédeur de vivre
Dans cette maison grise
Ciao amore, ciao amore, ciao amore, ciao
Ciao amore, ciao amore, ciao amore, ciao
Ciao amore, ciao amore, ciao amore, ciao

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VERSION ITALIENNE (la plus connue) :

La solita strada, bianca come il sale
Il grano da crescere, i campi da arare
Guardare ogni giorno
Se piove o c'è il sole,
Per saper se domani
Si vive o si muore
E un bel giorno dire basta e andare via
Ciao amore,
Ciao amore, ciao amore ciao
Andare via lontano
A cercare un altro mondo
Dire adio al cortile,
Andarsene sognando.
E poi mille strade
Grigie come il fumo
In un mondo di luci
Sentirsi nessuno.
Saltare cent'anni
In un giorno solo
Dai carrri dei campi
Agli aeri nel cielo
E non capirci niente
E aver voglia di tornare da te
Ciao amore,
Ciao amore, ciao amore ciao
Non saper fare niente
In un mondo che sa tutto
E non avere un soldo
Memmemo per tornare.
Ciao amore,
Ciao amore, ciao amore ciao
Ciao amore,
Ciao amore, ciao amore ciao

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DOCUMENTAIRE RETRACANT CETTE PERIODE :

EXTRAIT DU FILM "DALIDA" : L'épisode tragique de San Remo 1967

 

 

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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 12:04
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"Aujourd'hui avec l'expérience que j'ai de la vie, j'estime que la mort fait aussi partie de notre libre choix et que si un jour je me dis; pour une raison valable, que je devais me donner la mort, je me la donnerai, mais pas pour un désespoir, quel qu'il soit..."

- Dalida -
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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 19:44

On a l’habitude de dire « quand on aime on ne compte pas ». Orlando, le frère de Dalida, conserve aujourd’hui soigneusement dans son bureau les disques d’or de sa sœur. Ils sont innombrables et correspondent à des ventes qui n’ont jamais été exactement les mêmes en fonction de l’évolution du marché.

Au début des années 1960, on attendait le trois cent millième exemplaire vendu, voire le millionième pour vous offrir une reproduction simplement dorée de votre disque. Depuis, certains artistes ont ainsi été honorés après la diffusion de cent mille exemplaires seulement. Mais aucun d’entre eux n’a affiché un palmarès équivalent à celui de Dalida.

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Ces souvenirs d’une carrière unique dans l’histoire musicale, Orlando les a affectueusement conservés et rassemblés dans une vitrine, derrière le bureau sur lequel il travaille. Parmi eux figurent les principaux trophées et honneurs de la chanteuse, des « Bravos du Music-Hall » à la médaille de la présidence de la République, remise des mains du Général De Gaulle en personne (1968) en passant pas la Croix de Vermeil de commandeur des Arts, Sciences et Lettres.
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Pour Dalida on créera en 1956 le premier disque d’or comme on créera en 1964 le premier disque de platine et en 1981 le premier disque de diamant. Dalida a reçu au cours de sa carrière plus de 70 disques d’or. Elle a enregistré en dix langues (français, italien, espagnol, allemand, anglais, japonais, hébreux, égyptien, flamand et libanais) plus de 2000 chansons et vendu plus de 200 millions de disques dans le monde. Elle reste même vingt-et-un ans après sa disparition, l’artiste la plus récompensée du show-business. Et ceci reste justifié :

 

A l’écouter chanter de sa voix souple et rauque, profonde et harmonieuse, puissante et intime, Dalida arrache les larmes. Elle ne triche pas. Elle y met tout son être. Entière. Dans la légèreté comme dans l’émotion. Chaque chanson est vécue comme une séquence de cinéma. Elle s’immerge dans l’histoire. Se met en scène. Danse les mots.

Chansons réalistes. Twist. Jerk. Disco. Reggae. Dalida aura vu passer tous les styles musicaux. Jamais elle ne s’est perdue. Toujours son style bien affirmé s’est habilement adapté aux modes et aux rythmes. «Mon répertoire est le reflet de ce que je suis. Je ne chante pas des chansons intellectuelles mais des chansons qui viennent du coeur» confiera-t-elle à Paris Jour en 1971. La musique, les paroles, le sujet, tout est toujours en adéquation avec son évolution personnelle et l’époque qu’elle traverse. Chaleureuse et baroque à souhait, Dalida a su se faire aimer d’un public plus intellectuel : philosophes, politiques et hommes de lettres, séduits par la richesse de son répertoire et la qualité de son interprétation. Louis Aragon dira d'elle qu'elle est "la plus grande comédienne de la chanson française"...

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 18:37

Bientôt 21 ans après sa disparition, Dalida reste présente dans nos coeurs... et dans Paris.
Paris est la ville où elle a vécu de 1954 à 1987, soit plus de trente ans... Elle est aujourd'hui une des figures mythiques de la capitale française, la faisant rayonner dans le monde entier. Voici quelques endroits à découvrir dans Paris :

La Place Dalida (Montmartre) :
Cette place, inaugurée en 1997, est estimée aussi visitée que la cathédrale Notre-Dame de Paris...

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La Maison de Dalida (Montmartre) :
11, bis rue d'Orchampt

Chaque année, on compte des milliers de français et d'étrangers qui passent devant cette magnifique villa parisienne très chère au coeur de Dalida, une manière de lui rendre visite...

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La scépulture de Dalida
(Cimetière de Montmartre) :

Cette tombe, ornée d'une statue taille réelle devant des rayons dorés, est la plus fleurie de France; c'est aussi la plus visitée.

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 16:32

Dalida ne s'épargnait pas, en 1980, abordant la quarantaine, elle organise un énorme show à l'américaine au Palais des Sports (elle fût la première femme à y chanter), avec pour chorégraphe Lester Wilson, celui de Travolta dans "La fièvre du samedi soir"... C'est cette Dalida endiablée et pailletée qui est restée aujourd'hui dans les mémoires, tant elle a marqué la France et le monde (même les Etats-Unis, dans la célèbre salle de concert du Carnegie Hall) avec cette nouvelle facette, reine du Disco.

 

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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 13:41
Voici la carte d'identité que Dalida a faite faire en 1961, suite à son changement de nationalité (En effet, peu de gens de savent, mais elle est passée d'italienne à française ! Elle-même s'avouait séduite par ce pays qui l'avait adoptée...)

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